Maksim PEROV. Travailler pres de la maison

Maksim Perov

directeur adjoint de l’Institut de planification dans l’espace Urbanica, professeur de l’Académie internationale de l’architecture

Les nouveaux quartiers d’affaires réduiront la concentration des emplois au centre-ville

L’une des principales raisons des problèmes de transport de Moscou est le déséquilibre dans la répartition dans l’espace des lieux d’habitation et des lieux de travail.  Aujourd’hui, la saturation du centre de la capitale en emplois atteint un niveau extrêmement élevé – près de 2,5 millions. La ville a presque épuisé ses possibilités de transport pour desservir ces lieux de travail. Et si la tendance à la croissance des emplois se poursuit, le transport ne pourra tout simplement plus assurer les migrations quotidiennes pendulaires. Une solution est nécessaire qui pourrait radicalement changer cette situation.

La solution de principe est la suivante. Moscou doit créer des nouveaux grands quartiers d’affaires publics avec une prédominance de la fonction d’affaires. Il est pratique de les disposer dans les endroits de l’intersection des autoroutes principales et des voies ferrées avec de nouvelles structures annuaires – le Cercle central de Moscou et le Troisième circuit d’échange du métro. Ce qui ferait, que le flux principal des régions périphériques de Moscou et de la région de Moscou, qui se rend au travail tous les jours, sera intercepté dans la partie moyenne de la ville. Autrement dit, le temps moyen d’aller-retour au travail serait réduit considérablement.

La création des quartiers d’affaires est une pratique normale pour l’économie de marché. Dans la capitale il y a le centre d’affaires Moskva-City, hyper-dense d’ailleurs, avec ses problèmes non entièrement résolus. En outre de ce quartier d’affaires à Moscou il n’y a pas un seul quartier d’affaires conçu. Et le quartier d’affaires qui s’était formé dans le centre historique de la capitale dans le sens commun mondial n’est pas du tout un quartier d’affaires.

Pour créer des quartiers d’affaires modernes, il faut une conception intégrée, l’élaboration d’un programme spécial. On peut aboutir par deux voies: D’une part, forcer les bureaux à déménager du centre-ville en augmentant les taux d’imposition et les taux de location des locaux. D’un autre côté, en accordant des avantages locatifs dans les nouveaux quartiers d’affaires. Les quartiers avec un taux de location élevé de l’immobilier commercial ne seront accessibles qu’aux grandes entreprises, aux riches, et les zones de loyers réduits deviendront plus attrayantes pour les petites et moyennes entreprises.

Il en vient de soit qu’avant d’entamer ce processus, les sites et les bureaux pour la réinstallation doivent être prêts: c’est la ville qui doit prendre en charge la préparation des sites, et se sont les investisseurs privés qui pourraient participer à la construction de bureaux et de bâtiments résidentiels.

Les quartiers d’affaires sont des territoires où l’on trouve des bâtiments résidentiels, publics, des espaces de bureaux et des espaces publics. Il est important que ces fonctions soient conçues dès le début, et la principale est la disponibilité de places de travail. Ces centres d’affaires sont conçus pour 250–300 mille d’emplois chacun. Autrement dit, la densité des emplois est d’environ 6–8 fois inférieure à celle de Moskva-City par exemple, ce qui permet également d’éviter l’effondrement du transport.

Il semble d’être pratique également d’introduire un statut juridique spécial pour les nouveaux quartiers d’affaires, similaire au statut des territoires de développement avancé. Les particularités du régime juridique des territoires de développement avancé: procédure simplifiée de saisie des terrains pour les besoins de l’État (semblable à la Loi fédérale FS-43 et loi olympique) et régime fiscal préférentiel (taxe foncière et impôt sur la fortune).

Les territoires étant libérés des bureaux dans la partie centrale de Moscou pourraient bien être utilisés pour la construction de logements. Il y a quelques années plus de 2,5 millions de personnes habitaient le centre-ville, aujourd’hui seulement 800 000.Le centre-ville ne doit pas être vide, mort, il doit être rempli de vie. Il est clair que le logement dans le centre est le plus cher, mais la demande pour un tel logement existait, existe et existera.

Le développement de nouveaux quartiers d’affaires en combinaison avec les politiques fiscales et de crédit-bail appropriées permettra de réduire la densité des lieux de travail au district central d’environ de deux fois et d’optimiser significativement les flux de transport. Selon les calculs ci-dessous, les nouveaux quartiers d’affaires pourront attirer de 55 à 60% des emplois.