Sergueï KUZNETSOV. Etablir un standard de vie eleve

Sergueï KUZNETSOV

L’architecte en chef de Moscou sur les nouvelles approches à la formation de l’espace urbain de la capitale

Sergey Kuznetsov il a terminé l’Institut d’architecture de Moscou. Son crédo de l’architecte s’était formé avant tout pendant les années de travail avec Sergey Choban en tant que chef du bureau d’études SPEECH. Il est nommé au poste de l’architecte en chef de Moscou – premier vice-président de Moskomarkhitertura (Comité d’architecture et d’urbanisme de la ville de Moscou) en 2012. Un an après il a dirigé le Conseil d’architecture de la ville de Moscou. Depuis 2014 il est professeur émérite de l’Institut d’architecture de Moscou. Plus de 50 projets ont été développés sous la direction de Sergey Kuznetsov, dont plusieurs ont été mis en œuvre.

L’objectif principal de la rénovation du logement à Moscou est de donner à la ville de nouveaux territoires. Dans le processus de mise en œuvre du projet global, l’approche à la formation de l’espace résidentiel sera radicalement modifiée. Nous nous éloignons de la formation de l’espace résidentiel par microdistricts pour adopter un principe plus rationnel – par quartiers, ce principe avait prouvé depuis longtemps sa cohérence fonctionnelle dans le monde.

Les règles de base pour la construction d’une ville moderne sont les Standards régionaux de conception d’urbanisme (RNGP). Le sens principal des standards est de créer une structure et une grille de quartiers, des possibilités de circulation dans différentes directions, de faciliter la circulation. Autrement dit, il est raisonnable de redistribuer l’infrastructure sans la réduire.

En tant qu’élément de base de la construction par quartiers on prend un soit disant «pâté de maisons» ou city block, qui comprend des immeubles, des zones adjacentes et des installations de service intégrées. Il est d’une importance fondamentale que le rayon d’un microdistrict, selon les Standards RNGP, ne peut pas être plus de 500 mètres , d’un quartier – plus  de 300 mètres et d’un pâté de maisons – plus de 100 mètres. Ce qui garantit que l’infrastructure n’ira nulle part de la résidence. Autrement dit, deux indicateurs seront garantis – l’accessibilité et la disponibilité.

Un quartier peut inclure jusqu’à quatre pâtés de maisons. Ces parcelles ne doivent pas être forcément carrées, un pâté de maisons peut être rond ou triangulaire. L’essentiel est que dans un quartier on voit les périmètres externes et internes, c’est-à-dire que les espaces publics et privés sont délimités.

La délimitation aussi nette met en évidence que les cours verdoyantes et aménagées ne sont destinées qu’aux résidents du pâté de maisons, ce territoire est fermé aux étrangers par la configuration même des maisons. L’espace privé, conçu pour un repos tranquille, est libéré du transport.

Les espaces publics sont délimitées dans le cadre du quartier et comprennent des terrains pour enfants et terrains de sport, des zones piétonnes et récréatives avec des parterres, des bancs, des balançoires, des espaces de liberté pour les chiens et des aires pour les poubelles, les parkings et les stationnements.

Aujourd’hui de nombreux quartiers résidentiels sont reliés par des passages techniques, qui sont utilisés comme des routes de transit. En réalité, se sont des routes étroites, des aires de retournement pleins de voitures, il est quasiment impossible de traverser le microdistrict en voiture. Lors de la création de nouveaux quartiers on verra apparaître des passages supplémentaires, et les routes de district, un drainage normal de transport, et ce qui le plus important – le réseau viaire deviendra la base de la structure par quartier du microdistrict. Les nouvelles rues permettront d’accéder aux entrées des maisons, c’est-à-dire qu’il y aura deux entrées, l’une depuis la cour et l’autre depuis la rue.

On attache une importance particulière à la verdure des espaces privés et publics. La création des espaces verts dans les espaces publics pour la commodité des connexions piétonnières et le repos quotidien sous la forme de boulevards, de jardins et d’espaces verts récréatifs individuels, ainsi que des espaces verts d’usage public sera strictement standardisée. Les zones vertes à l’intérieur des pâtés dans un futur proche permettront à Moscou de devenir une ville verte et écologiquement propre. Grâce à la formation d’un système d’espaces publics dans les districts, les objets de l’infrastructure seront plus accessibles.

À Moscou, ces dernières années, un niveau de vie très élevé a été établi: de nouveaux espaces publics sont apparus: parcs, rues, zones piétonnes. Il est important non seulement de préserver, mais aussi de développer cette tendance, y compris dans le cadre du programme de rénovation.

L’organisation de planification du territoire de rénovation permettra de construire des immeubles résidentiels avec un seul front de construction, ce qui est plus traditionnel pour la ville que des objets implantés de manière chaotique. Aux rez-de-chaussées des bâtiments du côté donnant sur la rue et les passages à l’intérieure du quartier on prévoit d’organiser des objets de commerce et de service pour créer un milieu saturé des rues résidentielles. Des magasins, des cafés, des salons de beauté, des succursales des banques – toutes les entreprises de commerce et de services ne seront même pas à distance de marche, mais dans la maison même.

C’est un niveau de confort tout à fait différent. En outre, les résidents pourront en tant que clients réguliers, en votant avec le rouble, contrôler la qualité des biens et des services offerts dans leur quartier.

Si une station de métro est prévue à côté du logement, des multi-services, des animations, des mini-bureaux avec des places de travail seront concentrés prés d’elle. Autrement dit, ce sera un véritable pôle d’échange multimodal, pas nécessairement très grand. Pour cette raison, les petites entreprises vont se développer, le nombre de lieux de travail se verra agrandir.

L’image finale du quartier doit avoir une personnalité: conception originale des maisons, finitions variées, éléments d’infrastructure. Chaque bâtiment aura sa propre architecture et son visage. L’industrie implique la réplication des éléments, mais pas au point que les immeubles (comme des «cinq-étages» aujourd’hui) et même des quartiers entiers se copient littéralement. Il n’y aura pas de paysages indiscernables à Moscou après la rénovation. Des anciennes khrouchtchevkas (maisons de quatre étages construites sous Khrouchtchev) ne présentent aucune valeur architecturale, elles rendent les espaces urbains uniformes et impersonnels. Notre tâche est de redonner un visage aux districts de Moscou, de trouver un équilibre entre beauté et fonctionnalité.

Quelle forme vont acquérir les nouvelles zones urbaines créées dans le cadre du projet de rénovation du logement? Ceci, en particulier, déterminera le concours d’architecture et d’urbanisme, qui a débuté en avril. La particularité de ce concours est que cinq projets gagnants ne resteront pas sur papier. Moscou construira des réels quartiers urbains d’après ces projets.