La salle de presse de l’agence TASS a abrité le 12 avril la neuvième session de discussion du Centre d’urbanisme de Moscou Gorod (« Ville »). Le dialogue a réuni les experts de profils divers – des législateurs, des professionnels de l’immobilier, des promoteurs, des investisseurs, des urbanistes, des économistes, des architectes, des sociologues et des représentants du Département de politique d’urbanisme et de la construction de Moscou.

Les experts, les hommes d’affaires et les fonctionnaires se sont réunis pour discuter les résultats du développement de près de cinq ans des districts de Troïtski et de Novomoskovski et les lignes directrices du Plan général du Nouveau Moscou jusqu’à 2035. On a également présenté aux participants les résultats du dernier sondage d’opinion publique consacré au potentiel du marché du travail dans le Nouveau Moscou.

Vladimir Zhidkin, chef du département pour le développement des nouveaux territoires de Moscou, rencontre la communauté des experts pas pour la première fois pour mener un dialogue direct sur les problèmes des districts Troïtski et Novomoskovski. Il a marqué une étape importante – l’adoption des documents de base de l’aménagement du territoire : le 15 mars, la Douma de Moscou a approuvé le plan général du Nouveau Moscou, et un peu plus tard on a approuvé les Règles d’utilisation du sol et de la construction dans la capitale.

Cependant, M. Zhidkin a souligné que les Règles d’utilisation du sol et de la construction visent surtout la création des emplois, et le Plan général prévoit de créer 1 million d’emplois et les logements pour 1,5 million de personnes. En outre, jusqu’à 2035 on prévoit de construire 1200 km de routes, 125 établissements de santé, 86 parcs, 700 installations sportives, 320 jardins d’enfants, 170 écoles.

Le principe clé du développement du Nouveau Moscou est la création d’un environnement confortable pour la vie, c’est-à-dire que chaque nouvelle zone résidentielle prévoit dès le début la disponibilité des lieux de travail, des objets sociaux satisfaisant toute demande des résidents, des parcs, des zones de loisirs et de toutes les infrastructures nécessaires. Un autre principe à réaliser lors de la création de chacun de ces « points de croissance » est la mobilité pour atteindre n’importe quel objet de l’infrastructure urbaine : le chemin ne doit prendre que 30 minutes au maximum.

Le territoire immense du Nouveau Moscou, une fois et demie plus grand que la partie « ancienne » de la capitale, présente 40 mille hectares de terres libres et 76 mille hectares d’espaces verts, constitue une ressource importante pour le développement, permettant de créer une ville écologique confortable à vivre et à travailler. En particulier, cette ressource permet de construire des logements de tout type et format, pour tous les goûts et pour un large éventail de prix. Apparemment, selon M. Zhidkin, c’est un des facteurs de la croissance démographique dans les districts Troïtski et Novomoskovski : au cours des cinq dernières années le nombre de résidents de ces districts a augmenté de 1,5 fois (de 220 000 à 330 000 habitants).

Aujourd’hui, on voit réaliser sur les territoires annexés à Moscou les projets de tout type. On a construit 8 millions de mètres carrés de logements et 3 millions de mètres carrés d’immobilier commercial, 47 objets sociaux, 4 routes et 2 stations de métro, 5 grands parcs, on a créé 100 mille de nouveaux emplois (dont 80 mille sont stationnaires et 20 mille sont occupés par des spécialistes l’industrie de bâtiment). A noter que les nouveaux emplois sont répartis par toutes les localités.

Anton Paleyev, député de la Douma de la ville de Moscou pour les districts Troïtski et Novomoskovski, a également parlé sur l’importance de l’adoption du plan général du nouveau Moscou. Au cours du travail sur ce document, l’année dernière, les législateurs ont examiné plus de 24 mille commentaires, dont la plupart a été prise en compte. Les résidents s’inquiétaient surtout à minimiser le dommage porté à l’environnement par la construction des autoroutes et à conserver la tendance au développement polycentrique, quand les « points de croissance » sont concentrés dans des lieux de résidence compacts. Et le département pour le développement de nouveaux territoires de Moscou a fait beaucoup d’efforts pour satisfaire ces demandes. Aujourd’hui, le dommage porté à l’environnement est minime, même en comparaison avec des projets similaires en Europe occidentale, la plupart des 1200 km de nouvelles routes traverseront des territoires libres, en contournant les zones forestières et les parcs.

« Avant d’être inclus dans le territoire de Moscou, les territoires des districts actuels de Troïtski et de Novomoskovski se développaient de façon très inégale, surtout du point de vue des infrastructures de transport, » – a noté le député. « Les plans actuels du développement du Troïtsk et des localités de Novomoskovsk seront entièrement intégrés au Plan général, ce qui est nécessaire pour résoudre les tâches sociales et d’infrastructure. »

Le rapport de Vladimir Zhidkin a suscité une vive discussion parmi les participants à la discussion. Les personnes présentes étaient intéressées par plusieurs questions – de l’élimination des déchets aux sites culturels planifiés dans le Nouveau Moscou.

Sergey Notine, directeur des investissements du promoteur City XXI siècle, a partagé ses craintes que la demande de logements dans les districts de Troïtski et de Novomoskovski ne diminue à cause d’un autre programme à grande échelle de la ville – la démolition des bâtiments de quatre étages. Les investisseurs craignent que ce projet fasse diminuer la part éventuelle des résidents du Nouveau Moscou et fasse réduire le niveau des investissements financiers du budget dans le développement des territoires annexés.

Sa préoccupation est partagée par Timour Bachkaev, architecte en chef du MCC de Moscou. Vladimir Zhidkin a assuré l’audience que la mise en œuvre de ces programmes n’affecterait pas le cours adopté et la dynamique du développement des districts de Troïtski et de Novomoskovski.

Mme Olga Tchoudinova, directeur général de l’Institut de l’urbanisme moderne, a remarqué que la composante écologique des territoires annexés constitue leur avantage concurrentiel puissant, et a exprimé son espoir pour la mise en œuvre des plans de création des parcs et des jardins publics dans un proche avenir.

Mais la discussion principale a tourné autour du problème de la création de lieux de travail au Nouveau Moscou. Le directeur général de VTsIOM a fourni un large matériel pour discuter ce sujet et y réfléchir, il a annoncé les résultats de la dernière enquête sociologique « Nouveau Moscou : potentiel du marché du travail ».

Au cours des deux dernières années passées depuis l’enquête analogique, il y a eu une augmentation des évaluations positives des changements qui ont lieu dans le Nouveau Moscou perçus par ces résidents. S’il y a deux ans, 61% des répondants ont noté des changements positifs, maintenant 71% d’entre eux en parlent déjà. Dans le même temps, les plus optimistes sont ceux qui ont déménagé dans les districts de Troïtski et de Novomoskovski (au cours des 5 dernières années). Le plus souvent, on note des changements positifs dans le domaine d’aménagement (72,5%) et des infrastructures de transport (69,4%, soit près de 18% de plus que le même indicateur pour 2015). Mais la demande pour la construction de nouveaux logements reste d’actualité : seuls 29% des répondants ont noté des changements positifs dans ce domaine.

On peut dire que l’intégration de l’« ancien » et du « Nouveau » Moscou se développe : les résidents de l’« ancien » Moscou ont commencé à visiter le Nouveau Moscou plus souvent (42% contre 35% deux ans plus tôt) et de se servir du transport en commun de 1,5 fois plus pour ces trajets. Tout d’abord, cela s’applique aux résidents des territoires voisins des nouveaux territoires – les districts administratifs de l’Ouest et du Sud-Ouest.

Mais la satisfaction avec les conditions de vie avec les enfants a diminué : en 2015, 66% se disaient satisfaits avec ce facteur, maintenant – 55,5%. Il en va de même pour les loisirs : 39% satisfaits en 2015 contre 31% aujourd’hui. Cependant, une tendance similaire, et même encore plus prononcée, est également observée dans l’« ancien » Moscou.

Analysant les risques et les opportunités dans la formation du marché du travail dans les districts de Troïtski et de Novomoskovski, Valery Fedorov a noté qu’une option idéale pour les Moscovites était et est toujours l’emplacement des lieux de résidence et de travail relativement proches les uns des autres. Aujourd’hui, il existe un certain déséquilibre sur le marché du travail à Nouveau Moscou. Les trois quarts de ceux qui avaient déménagé ici au cours des cinq dernières années ont pu trouver du travail dans les limites du district, mais cela implique fondamentalement un faible niveau de qualification et de paiement (sécurité, ventes, secteur à but non lucratif). Aujourd’hui, un tiers des habitants du Nouveau Moscou continuent d’aller travailler dans la capitale « historique », et il s’agit surtout du personnel hautement qualifié avec un revenu supérieur à la moyenne. Cependant 73% de ceux qui avaient déménagé souhaitent trouver un emploi à proximité.

Valery Fedorov a noté qu’aujourd’hui, 34% des résidents de l’« ancien » Moscou admettent leur déménagement dans le Nouveau Moscou, ce qui représente 4 millions de personnes ! Ils sont économiquement actifs, avec un fort pouvoir d’achat, parmi eux il y a beaucoup de jeunes familles avec des enfants. Les trois districts adjacents présentent le plus grand potentiel de réinstallation : district administratif de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Sud (40-42%). Les gens sont attirés par le bon développement du réseau de transport, des logements moins chers et, bien sûr, l’écologie. Mais le facteur décisif est la disponibilité du travail. Les secteurs financier et bancaire, les pôles scientifiques et technologiques, ainsi que la possibilité d’ouvrir sa propre entreprise sont les plus demandés.

Une position solidaire a été exprimée par Evgueny Plisetsky, directeur adjoint de l’Institut d’études régionales et d’urbanisme de l’Ecole supérieure de l’économie (NIU VChE) : pour créer des points de croissance économique à Nouveau Moscou, des emplois hautement performants sont nécessaires. L’expert a appelé les autorités à stimuler les investisseurs et à évaluer les indicateurs de développement des districts de Troïtski et de Novomoskovski non seulement par les volumes de logements, le nombre d’emplois et les kilomètres de routes, mais aussi d’introduire des indicateurs qualitatifs de l’environnement et des lieux de travail créés.

Lioubov Tsvetkova, présidente du conseil d’administration de l’Association des investisseurs de Moscou, a noté que les investisseurs ont compris depuis longtemps : la construction intercalaire de logements est impossible, le territoire doit être développé intégralement : commerce, secteur social, loisirs et lieux de travail. Cependant, de tels projets complexes ne sont à l’échelle que des grands promoteurs. Toutefois, la construction des centres de bureaux et de pôles de technologie n’est pas une panacée en soi : on doit savoir les gérer pour qu’ils attirent des locataires et soient profitables. L’expert a partagé ses plans pour le développement d’un de ces ensembles – Marouchkino près de Vnoukovo.

Ioulia Nikoulitcheva, directeur pour la Russie et la CEI, chef du département du conseil stratégique JLL, a partagé l’expérience pareille sur l’exemple de la vallée de la Marne à Paris. L’un des principaux investisseurs du projet a été le Disneyland, et les autorités municipales se sont chargées des infrastructures de transport. En outre, quelques services municipaux ont déménagé dans la vallée. Aujourd’hui c’est le parc de loisirs le plus performant de l’Europe, qui attire de nombreux touristes et crée des emplois. En outre, les faibles taux de location ont attiré de nombreux producteurs et des banques.

Et Eléna Kisseleva, partenaire de Strategy Partners Group, a proposé à l’auditoire ses points de vue sur les nouveaux points de croissance économique du Nouveau Moscou. Elle a également noté que les emplois créés aujourd’hui dans les territoires annexés sont plutôt « de service », et pour attirer le personnel hautement qualifié, il faut créer des ancrages-moteurs du développement dans les districts de Troïtski et de Novomoskovski. Il peut s’agir de parcs thématiques tels que la Vallée de la Marne, de parcs scientifiques et de pôles pédagogiques, de pôles médicaux et pharmaceutiques, du secteur tertiaire de logements et des services publics avec les nouveaux matériaux et équipements, de sièges des structures d’Etat et des grandes entreprises.

Nail Sayfullin, directeur pour le développement de l’AO Mosinzhproekt, a partagé son expérience de mise en œuvre d’une approche globale du développement des territoires du Nouveau Moscou avec les participants en parlant du projet du centre administratif et commercial près de la localité Kommounarka.

Le territoire du Centre administratif et commercial Kommounarka est 550 mille d’hectares, se trouve à 4 km de Moscou, ce qui, grâce au réseau de transport en développement, assure à l’ensemble des relations étroites avec Moscou « historique ». On construit des autoroutes (y compris l’autoroute de Kalouga et l’autoroute Solntsevo-Boutovo ..), il y aura deux lignes de métro à Kommounarka- le prolongement de la ligne Sokolnitcheskaïa et la ligne « Rue Novateurs – Stolbovo », deux pôles d’échange seront responsables de correspondances confortables. Comme dans le reste des territoires des districts de Troïtski et de Novomoskovski, il n’y aura ici que des logements (4,8 millions de mètres carrés d’immobilier, dont 1,3 million de mètres carrés de logements et 1,7 million de mètres carrés d’immobilier non résidentiel), et on prévoit d’attirer les hommes d’affaires par l’accessibilité des transports et des prix affordables.

On prévoit d’attirer 402 milliards de roubles d’investissements privés pour le développement des territoires, la capitale investira pour sa part 45 milliards de roubles dans les principales installations publiques d’aménagement, les réseaux intra-quartiers, le réseau routier intra-quartiers, l’aménagement paysager et les objets sociaux. Pour cet argent, la ville aura trois écoles pour 3 500 places, un campus universitaire, trois stations de métro et 20 mille familles auront la possibilité de vivre et de travailler dans un environnement confortable. Il est clair que Moscou prévoit de retourner les investissements dans l’avenir grâce au loyer et aux recettes fiscales, – a précise Sayfullin.

Photo


Architecte en chef AM "ABTB"
Directrice générale de l'Institut d'urbanisme moderne
Présidente du conseil d’administration de "l’Association des investisseurs de Moscou"
Politologue, sociologue, directeur général du centre panrusse d'étude de l'opinion publique (VTsIOM)
Partenaire Strategy Partners Group
Directrice pour la Russie et la CEI, chef du service du conseil stratégique JLL
Directeur des placements "City-XXI vek"
Député de la Douma de la ville de Moscou pour les TiNAO (Districts administratifs Troïtsky et Novomoskovsky)
Directeur pour le développement AO "Mosinzhproekt"
Chef du Département du développement de nouveaux territoires de Moscou, constructeur émerite

Вопросы и обсуждения

0 комментариев

Laisser un commentaire